Le Gravelot à collier interrompu

 

La côte atlantique du Nord jusqu’à la Gironde est  propice, en plus du Gorgebleu à miroir, au Gravelot à collier interrompu. L'espèce nidifie sur le littoral et se rendre sur la Côte Sauvage charentaise à cette saison est un bon moyen d'observer ses coureurs de sables.

 

 

Le Gravelot à collier interrompu niche dans des milieux ouverts, avec une végétation clairsemée ou absente et présentant un substrat lui permettant de cacher ses œufs : sable, gravier, galets, coquillages, laisse de haute mer, gravats éventuellement. Il fréquente donc les plages, les dunes, les lagunes, les champs sableux ou caillouteux, les marais salants, les lotissements ostréicoles, les rives de certains petits fleuves côtiers, mais aussi parfois des friches industrielles ou des zones de remblais.

Oléron, Ré ou le continent, les endroits sont variés pour les observer mais toujours à bonne distance car il s'agit d'un nicheur rare en France (environ 5% des effectifs nicheurs Européens) et les destructions de nids sont tristement courantes.

Avant de trouver des petites boules de plumes, il faut marcher et passer de l'autre côté des dunes en empruntant les sentiers balisés et existants c'est mieux ! Remonter la plage est aussi une solution.




Alors on grimpe ou on marche, parfois 5km avant d'entendre le bruit des vagues. Chênes verts, ajoncs, genêts, et brandes sont l'occasion d'observer Tariers pâtres, Hypolaïs polyglottes, Fauvettes pitchous. Une fois dans la culture exclusive de pins, toute cette vie disparaît !


Arrivés sur les plages, on évite évidemment de se comporter comme les promeneurs inconscients avec chiens en liberté ou même sans, une approche ou un piétinement sont fatals. Une bonne connaissance du biotope pour la nidification et une paire de jumelles suffisent à les localiser. Ensuite le zoom fait le reste (quand il peut). 


Gravelot à collier interrompu OU Pluvier à collier interrompu
Charadrius alexandrinus - Kentish Plover

Bien cachée cette femelle s'est préparée une cuvette derrière un tas de bois.







Mâle
Femelle


 

Certains couples, comme la première femelle, sont installés dans des zones protégées. D'autres comme ceux qui suivent, sont là où l'endroit leur convient mais n'y sont pas pour autant tous cantonnés. Ici il s'agissait plutôt de moments de repos que de nidification.




Extrait de la fiche Migraction sur le Gravelot à collier interrompu que je vous invite à lire.

Menaces potentielles

En France, le Gravelot à collier interrompu est une espèce exclusivement liée au littoral. Les espaces qu'il fréquente sont des zones à fort enjeux économique et social : accroissement démographique exponentiel, développement du tourisme hors saison, pratique grandissante des "sports de pleine nature", activités aquacoles.... Il en résulte une raréfaction des milieux favorables à l'accomplissement du cycle biologique de l'espèce, non compensée par la colonisation, souvent temporaire, de sites artificiels.

La destruction de biotope est liée à l'urbanisation (lagunes côtières, dunes), aux activités économiques en zone de marais (saliculture, conchyliculture, pisciculture), à l'érosion maritime (plages de l'atlantique), à la lutte contre les moustiques (maintien de niveau d'eau permanent sur des bassins qui s'asséchaient naturellement au printemps).

L'évolution naturelle des milieux, et particulièrement l'augmentation du couvert végétal, est aussi défavorable à l'espèce, entraînant la perte d'habitat. Dans les marais salants, l'abandon de l'activité salicole est généralement bénéfique les premières années, puis, le développement des salicornes et puccinelles devient rapidement trop important pour le Gravelot. Cette même végétalisation est le facteur limitant la présence de l'espèce sur des sites tels que le bord de fleuves côtiers, les champs caillouteux ou sableux, les anciennes cultures sur dunes…

Là où les milieux subsistent, l'espèce subit des dérangements de plus en plus conséquents comme le nombre de promeneurs sur les plages (qui croît aussi bien dans l'espace que dans le temps) avec de moins en moins de plages calmes et une fréquentation massive dès les premiers beaux jours du printemps ; la pratique du cerf-volant sur les plages et les dunes ; le développement de la circulation des véhicules, autorisés ou non ; la chasse en août sur le Domaine Public Maritime. Toutes ces activités étant de nature à perturber plus ou moins le bon déroulement de la nidification.

Le nettoyage des plages a considérablement augmenté sous la pression du public. Cette pratique, même manuelle, a un impact négatif très important pour l'espèce (perte des potentialités trophiques, destruction directe des nids ou des poussins, dérangements…).

Enfin, le Gravelot à collier interrompu est parfois soumis à une très forte pression de prédation (corvidés, goélands…).

 

Commentaires

  1. Bonsoir Nath,

    Un oiseau que je trouve fort joli et amusant à le voir circuler au bord de l'eau. Le pauvre. Comme beaucoup, il est victime de l'expansion t de la population humaine.
    Bises

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  2. quel joli petit oiseau... je suis en amour pour une des photos ou elle est de face latête légèrement sur le côté cette jolie starlette... bisous

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  3. Bien vu , bien shooté.....comme d'ab....
    Bises a tous les 2

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  4. flodarom14/6/21

    Bonsoir Nath,
    C'est avec attention que j'ai lu ton lien pour voir si cette espèce de gravelot était présente chez moi, apparemment non, perso, je vois seulement le petit et le grand gravelot.
    Tu as fait un beau reportage, très complet sur ce gravelot à collier interrompu, grâce à tes photos, on voit les lieux qu'il fréquente.
    Il faut avoir de bons yeux pour le trouver derrière ces morceaux de bois, j'aime toute la série, y compris les premières photos de la dune.
    Le littoral atlantique est une merveille ;-)
    Bises et bonne soirée

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    1. Bonsoir Martine.
      En effet je crois bien que non 😏 mais je crois aussi que tu en as que je n'ai pas. Comme certains géants du ciel 😁.
      Pour les trouver ceux là, si tu ne les vois pas courrir sur le sable, il faut toujours regarder parmi les tas de bois.
      Bonne soirée et merci.

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  5. Bonjour Nathalie. Très belle observation ! Merci :)

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  6. Ils sont jolis ces petits oiseaux. Les nids sont très exposés, j'imagine bien qu'il doit y avoir beaucoup de destructions par les promeneurs, c'est bien dommage. Bonne journée

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    1. C'est un peu plus que dommage lorsque cela met en péril la survie d'une espèce en France. Mais c'est vrai que la plupart des gens s'en fichent royalement !

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  7. Abs0lutely stunning of the Ring-necked Plover, I never seen one. I think with the sport, the waves battered, it is rarity.

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  8. Coucou Nath,
    En voilà un que je n'ai jamais observé... Comme tous les Gravelots il est très attachant. Tu as bien fait de remettre cette mise en garde, il y a tellement de gens qui font n'importe quoi (en bord de mer et ailleurs). Gravelot ou Pluvier, Mésange ou Orite... on va finir par s'y perdre avec ces changements de noms francophones. J'ai l'impression, pour suivre des photographes canadiens, qu'on est en train d'adopter leurs dénominations...
    Bises.

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    1. Coucou Régine.
      Et bien toi qui vas souvent aux Etats Unis, il va falloir que tu révises ! Ils sont en train de modifier une centaine de taxons.
      Il est certain que lorsque je vois passer une colonie d'orite je continue de dire mésange.
      Bises.

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  9. Coucou Nath,
    Très jolie série, je me suis régalée d'autant plus que les Limicoles ici... y'en a pas !
    Cela dit, je reviens d'une vadrouille Océanique et pas vu non plus. Ce sera pour la prochaine fois.
    J'ai aussi beaucoup aimé les photos du paysage.
    Tu as eu raison de mettre cette note de fin de page. Si seulement cela pouvait faire avancer les choses et dans l'urgence. Il n'y a vraiment plus de temps à perdre.
    Je lis que des centaines de taxons sont en train de changer, youpiiiiiiiiii !!!!!
    Gros bisous et bonne journée à vous deux.

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    1. Coucou Pascale.
      Ah non c'est sûr que perchée là haut, va pas y'en avoir des masses !
      Tous les dix ans à peu près ils bougent les codes mais pour le moment il ne s'agit que des américains.
      Gros bisous et bonne fin de semaine.

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  10. Bonsoir Nathalie, pas facile la vie de gravelot ! j'aime beaucoup la variation de tes compositions, alternant vue d'ensemble et plan rapproché sur le limicole, cela nous plonge dans le moment vécu... en venant chez toi je trouve toujours de la belle qualité de photo, c'est très agréable, merci et à bientôt Nathalie. Bise

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    1. Merci Philippe. Bonne soirée

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    2. Salut Nath,
      Non seulement faut déjà le voir, mais ensuite, encore faut-il réussir les photos ce que tu as fait. Alors Bravo tout simplement.
      Bon WE.
      Bises.

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  11. petit passage pour te faire un gros bisou et revoir ce joli petit pioupiou...

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  12. A great post, Nathalie. I wish these little birds well; they have so many obstacles to overcome. Hope all is well with you and that COVID has not affected your lives too greatly. Like me, I am sure that you are longing to be able to travel again. Gros bisous de ton ami canadien. David

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    1. Exactly David, like you time without travel is long. The visit is getting longer!
      Thank you for coming. Kisses to both of you.

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  13. Je connais trop bien le problème de ces Gravelots, malheureusement :(
    J'avais fait un article sur le sujet.
    Ils sont adorables et lorsque les petits parviennent à s'envoler, cela devient un miracle.
    Au printemps, je les ai vus arriver  sur les plages, mais en raison des comportements des gens, je préfère aller me promener ailleurs et ne pas retourner sur la côte Sud durant la saison.
    Ta série me plait beaucoup, j'aime aussi tes dunes où l'on aperçoit le sable s'envoler par le souffle du vent.
    Merci Nath, j'espère que tout va bien pour vous et Kiara.
    Gros bisous

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    1. Coucou Katia.
      Je me souviens très bien de tes photos et de ton article. La sévérité n'est pas au rdv !
      Nous allons bien et Kiara, pas plus mal ma foi.
      Gros bisous

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    2. In the Mirror21/6/21

      Super pour Kiara ;)
      Malheureusement, ils ont beau essayer d'améliorer leur lieu de nidification, rien n'y fait. Ils devraient être présents 24/24 h pour empêcher la détérioration, c'est compliqué lorsqu'ils nichent sur les plages près des maisons.
      Les gens n'ont aucune conscience !
      Gros bisous

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