Petite matinée dans la réserve biologique de Yanacocha

 Équateur : jour 11


 La fatigue commence à se faire ressentir sur ces derniers jours, pourtant se lever à 5h n'a pas été (encore) trop compliqué. Comme toujours dans ces voyages, c'est pour la bonne cause. 





Nous prenons la route pour la réserve biologique de Yanacocha, à un peu moins de deux heures de route de Bellavista Cloud Forest. Sur ces derniers jours, nous évoluerons à des altitudes comprises entre 3200 et 4400 mètres d'altitude, les températures vont de 8 à 19°C et les précipitations sont importantes tout au long de l'année. Autant dire que lorsque nous arrivons sur les lieux aux alentours de 8h, nous sortons les bonnets, gants et polaires. 

 

 

La réserve a été créée par la Fondation Jocotoco, pour protéger l'Érione à robe noire, un colibri gravement
menacé dont l'aire de répartition est très limitée. L'espèce est tellement rare qu'il n'y a aucune photo sur Oiseaux.net et seulement 64 sur eBird. C'est vous dire comme ce colibri n'est pas facile à dénicher. Des projets de reboisement sont actuellement menés pour la protection, la restauration et l'enrichissement de l'habitat de l'espèce.



La Fundación de Conservación Jocotoco mène un programme de restauration de l'habitat qui implique la reforestation de certains pâturages dans la partie inférieure de la réserve, ainsi que de certaines zones élevées qui ont été brûlées au cours des dernières décennies. Ce programme comprend la plantation de milliers de jeunes arbres Polylepis et d'autres espèces indigènes. En 2001, la Fundación Jocotoco a acquis près de 950 hectares de forêt pour les gérer comme une réserve privée. Par la suite, de petits ajouts ont permis d'étendre la réserve à ses 1 080 hectares actuels. 

Cette fondation a également édité un guide des oiseaux, des mammifères et de la flore en Équateur qu'il est utile de se procurer pour se rendre dans le pays au lieu de nourrir financièrement les éditions Helm Field Guides.

 

  Avant d'entamer une petite marche de 4 heures, on s'attaque aux petits-déjeuners préparés par les cuisiniers du lodge précédent. Personnellement, j'ai tellement froid que je dévore mon panier ! Pendant ce temps un Cotinga à huppe rouge est venu se poser sur le haut d'un buisson, trop loin et à contre-jour. Je ne sors qu'une photo et ça s'arrête là 😞

Allez, on est partis pour de nouveaux paysages, de nouveaux panoramas, de nouvelles végétations et de nouveaux oiseaux  !

La vue est superbe et s'il pleut très souvent, aujourd’hui le soleil nous suivra toute la matinée.



Cette fois-ci nous ne touchons plus les nuages, nous sommes au-dessus.


La végétation est multipliée par 2 ou par 3 en taille. Il suffit d'observer ces pieds de Gunnera, une rhubarbe géante et spectaculaire dont la taille dépasse facilement celle d'un être humain. Ses grandes feuilles sont très efficaces en cas de pluie.


Des pieds de Lupinus mutabilis, le Lupin andin, tapissent le bord des falaises du páramo andin (biotope néotropical d'altitude, qu'on trouve dans la cordillère des Andes, entre la limite des forêts et les neiges éternelles)

Une orchidée très originale à l'apparence d'une plante grasse se mélange aux pieds de lupins.


Nous avons à peine 1 km à pied avant d'arriver sur le site des abreuvoirs (on n'y échappe pas 😉). Il fait encore assez froid et les oiseaux attendant patiemment l'arrivée des rayons du soleil. Le seul qui se laissera observer est le Pitajo couronné, peu représenté sur Oiseaux.net, alors merci à ce petit boutchou bien joli.

Pitajo couronné




* * *
 

Article suivant                                      Article précédent


 

Commentaires

Philippe Bullot a dit…
Bonjour Nathalie. Je suis impressionné par la variété des environnements que tu nous montres depuis plusieurs semaines. Tes photos vont sans doute donner envie de connaitre ces milieux naturels.
Bon week-end.
Roy Norris a dit…
Paysage incroyable. L'Erion doit être extrêmement rare si vous ne l'avez pas vu Chère Nathalie.😃
Bisous.
Pascale MD a dit…
Coucou Nath,
Ah forcément, entre les températures, l'altitude, l'humidité et les réveils très très matinaux pour profiter, la fatigue devait commencer à se faire sérieusement sentir en fin de séjour.
La végétation est merveilleusement luxuriante.
En ce moment je regarde une série qui s'intitule "Notre planète" et qui parle des forêts équatoriales entre autres. C'est vraiment très bien, et il faut vraiment protéger ces forêts, sans elles, ce serait la drame très rapidement.
Il est tout mignon ce Pitajo couronné. Je n'ai pas trouvé son poids sur eBird, mais il ne doit pas peser bien lourd.
Elles sont magnifiques aussi ces Orchidées. Belle découverte me concernant.
Gros bisous et bonne journée.
Françoise a dit…
Des altitudes variant de 3200 à 4400 mètres ? J'imagine qu'à 4400, le souffle doit être court ? Mais cela se mérite, n'est-ce pas et c'est pour la bonne cause. Le paysage est magnifique, et voir le Pitajo couronné est la cerise sur le gâteau. :-)
Bon week-end, Nathalie. Bises.
Régine a dit…
Coucou Nath,
Ces paysages sont vraiment magnifiques, ça donne envie d'aller vous rejoindre là-haut. Vous avez bien fait de finir par les régions les plus en altitude, ainsi votre organisme a pu s'accoutumer. Ce Pitajo couronné est très joli, merci pour la découverte ! L'orchidée est originale, jamais vu des comme ça ! La mention des Polylepis me rappelle le Pérou, là bas aussi ils ont des programmes de préservation de ces arbres.
Bon week-end.
Bonjour Nathalie, je vois que ce ne sont pas des vacances car les journées qui commencent tôt vous font parcourir des milieux aux conditions très variables. Moi ce n'est pas l'heure qui aurait causé soucis mais plutôt les quatre heures de circuit dans l'humidité. Encore de belles rencontres dans ce nouvel opus, j'ai aimé autant les paysages que les nouvelles espèces rencontrées, merci pour le partage. Excellente continuation, bises.
Rhodesia a dit…
Quel bel endroit et comme toujours de superbes photos. Merci pour le partage. Bisous Diane
Je suis maintenant très fatigué de toute cette pluie !
Flodarom a dit…
Bonsoir Nath,
Vous faites de sacrées sorties, et pour une fois, on voit les paysages différemment sous le ciel bleu et le soleil.
Ces fleurs sont gigantesques, en te mettant à côté, ça donne une idée de la hauteur de ces rhubarbes.
L'orchidée est très belle aussi.
Dommage pour l' Erione à robe noire mais vous avez photographié le Pitajo couronné, c'est aussi une belle rencontre.
Avec le froid et cette altitude, j'aurais fait pareil, j'aurais avalé mon petit-déjeuner;-)
Bises et bonne soirée

Katia a dit…
Coucou Nath,
La première chose qui me vient en te lisant, c'est qu'il faut être en forme pour parcourir ces territoires.
Le paysage sous le soleil est bien évidemment différent, mais c'est aussi le charme. En tout cas, c'est très beau.
Le Cotinga à huppe rouge et l'Érione à robe noire sont très jolis. Espérons qu'il ne disparaisse pas.
Le Pitajo couronné et tout mimi :)
Les orchidées sont incroyables, moi qui les adore, je suis étonnée par leur originalité.
Ici, j'étais surprise par la hauteur des rhubarbes, mais elles sont loin d'être géantes.
Merci à JC pour le cliché ;)
Bonne journée et gros bisous
(j'espère que vous n'avez pas souffert de la tempête)
Septsup a dit…
c est peut être le seul mais il est adorable il a voulu passer en vedette sans doute... et ces paysages que de beauté... bisous
Cindy43 a dit…
L'orchidée qui a des airs de plante grasse est très jolie. Il est mignon ce petit oiseau.
Je suis allée regarder des photos de l'érione à robe noire :D
Bonne soirée