Cette matinée ensoleillée s'est accompagnée d'une multitude de couleurs aviennes. Nous allons plonger maintenant au cœur de la forêt où bien sûr le vert domine, où la couleur d'une fleur se voit à plusieurs dizaines de mètres et les chants des rondes sont fugaces et où on se sent être pleinement à notre place.
Les nuages nous surveillent de leur hauteur, il est fort probable que d'ici quelques heures ils descendent embrasser la canopée et envelopper toute la forêt de leurs draps cotonneux.
Cette situation est loin de nous déranger car même si les nuages peuvent bloquer la visibilité, l'ambiance de cette forêt est magique pour nous occidentaux. Alors c'est parti !
La balade commence par une belle découverte. À mi hauteur, environ 50 cm du sol, au milieu de la végétation mais pourtant le long d'un sentier, un petit nid tout à fait cryptique, se laisse entrevoir. L'occupant n'est d'autre que le Cotinga vert et noir. Si le mâle possède plusieurs couleurs allant du noir au vert (lien Ebird), la femelle, aussi verte que la végétation qui l'entoure peut couver tranquillement.
De l'autre côté du sentier un bruissement d'ailes fait bouger un buisson. Un Tohi à miroir se retrouve tout aussi surpris que nous de se retrouver là. Le temps d'un clic et il file.
Tohi à miroir
Les arbres, avec leur hauteur et leur multitudes de bras, permettent à la végétation de pousser partout. Les ramifications sont immenses, toutes se rejoignent, la vie est d'une symbiose absolue.
Voilà, nous y sommes à nouveau confronter, l'observation des oiseaux en pleine forêt tropicale sur un court instant - un après-midi - peut être très décevante pour celui qui ne cherche qu'à finir sa journée avec des tas de clichés sans histoire à raconter avec. Heureusement c'est loin d'être notre cas, même si par moment une petite ronde, aussi rapide que discrète, apporte un peu d'action.
Nous essayons de localiser, de photographier et d'identifier ces quelques passereaux qui volètent tels des papillons, au-dessus de nos têtes. Tous se rencontrent principalement dans les contreforts andins, dans les niveaux moyens à supérieurs de la forêt subtropicale humide, avec une variation altitudinale allant de 1 500 et 3 000 m. Exceptée pour la Bécarde de Salvin, renommée depuis la dernière mise à jour de la LOM et qui se trouve exclusivement en Équateur, tous sont répartis du Vénézuela à la Bolivie.
Moucherolle flavescent
Par moment les sentiers forestiers nous amènent sur de petites pistes où les découvertes sont immédiatement plus colorées grâce à la luminosité qui s'engouffre dans ce couloir dégagé.
Sur un arbre assez étrange on peut suivre l'évolution de ses fruits ou fleurs.
Les orchidées et crocosmias (introduits et invasifs) colorent les sentiers.
Dans ce groupe de bambous qui poussent à la façon des papyrus, un petit oiseau, que je soupçonne être un colibri, avait trouvé l'endroit parfait pour y accrocher son nid douillet. Le moins que l'on puisse dire c'est que les petits étaient constamment bercés.
Un groupe de Pigeons à queue barrée profite de la cime des arbres pour faire une halte. Cette espèce s'étend de l’ouest des États-Unis et du Canada jusqu’en Amérique centrale et du Sud. Les espèces à la répartition aussi vaste ont été plutôt rares durant le séjour. Il s'agit néanmoins ici de la ssp albilinea résidant toute l'année en Équateur jusqu'à 3600 m. Pigeon forestier il se nourrit en bande de fruits et de graines.
Pigeon à queue barrée
































Commentaires
Bonne soirée Nathalie.
Quand je regarde le paysage de la première photo, j'ai presque l'impression d'être chez moi. Après, la végétation sur les photos suivantes est très différente.
Quelle densité, c'est magique ! Alors forcément, il y a le taux d'humidité qui va avec ;-)
Encore une jolie série, y compris avec un nid qui semble dans un équilibre précaire mais qui pourtant doit être bien calé.
On se sent totalement immergé dans l'environnement avec cet article.
Gros bisous et bonne journée à vous deux.
C'est très agréable de se promener dans cette forêt. Vous avez réussi à voir quelques oiseaux et même le Toucan, ce qui n'est pas évident dans cette végétation très dense ;)
Contrairement aux hommes qui n'apprécient pas trop l'humidité, elle fait le bonheur de tous les animaux !
Je confirme que les crocosmias sont très envahissants. J'en ai dans mon jardin et bien qu'ils produisent de belles fleurs, c'est une plante qui s'étend facilement.
Merci M'dame pour le partage !
Bonne fin de journée et gros bisous
La première photo m'a interpellé, on a les mêmes plantes ici.
Pour avoir cherché sur internet, je vois que ces glaïeuls sauvages sont originaires d' Afrique du sud.
C'est bien de nous montrer l'environnement dans lequel vous évoluez et surtout ces régions qui sont le paradis des oiseaux, je suis impressionnée par cette végétation, il y a de quoi s'y perdre.
Judicieux l'endroit du nid, berceuse garantie c'est vrai.
Encore une très jolie série de " zozios ", tu en es à combien d'espèces ici ?
Bises et bonne soirée
À cet instant du voyage on doit être à 180 190 espèces quelque chose comme ça.
Bonne journée.
Bises
À la différence que là bas ils font 1m50 de haut, les crocosmias se multiplient très vite chez moi aussi, à tel point que j'ai dû me débarrasser d'une grande partie des bulbes.
Gros bisous
Bonne journée.
Gros bisous - David
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